BACH en fête

Du 17au 19 novembre 2023

Spectacle / Projection cinéma / Animations

Qui était Charles-Joseph PASQUIER dit « Bach » ?

Né en 1882 au Fontanil-Cornillon, et décédé en 1953 à Nogent-le-Rotrou, le comique-troupier laisse derrière lui un riche répertoire de chansons, de films et de sketches. Véritable star de l’entre-deux guerres, artiste complet aux multiples facettes, il est aussi le témoin d’un époque, celle du début du XXe siècle, des poilus et des années music-hall.
À l’occasion des 70 ans de sa mort, la Ville du Fontanil-Cornillon présente un programme événementiel de trois jours célébrant la vie et l’œuvre du fantasque Bach.

VENDREDI 17 NOVEMBRE 2023

SPECTACLE « Bach, un artiste »
Un parcours d’artiste au milieu des tumultes de l’Histoire

À 19 h, en salle du Conseil et des Mariages

Le spectacle retrace la vie de Bach, depuis ses débuts à la fin du XIXe siècle jusqu’aux années d’après-guerre, en 1945, dans sa carrière d’humoriste, chanteur, acteur et parolier. à travers les différents épisodes de sa vie, ce sont les déboires, les aspirations et les espérances d’un artiste auxquels les spectateurs assistent. à travers la vie d’un homme, c’est l’histoire dans la grande Histoire qui est mise en exergue. L’occasion de replonger dans le passé d’un homme, d’un village, d’un pays dans une atmosphère légère et enjouée, au parfum d’antan.

Texte et mise en scène : Elodie David.
Avec les comédiens professionnels et amateurs d’Artémuse.
Avec la participation de la chorale de Fonta Musique, dirigée par Pierre Van Baaren.
Entrée libre et gratuite.

SAMEDI 18 NOVEMBRE 2023

PROJECTION CINÉMA
« Le cantinier de la coloniale »

À 14 h, en salle du Conseil et des Mariages

1937 – Lorsque, sur un scénario et des dialogues signés Yves Mirande, Saturnin Fabre, en cabochard capitaine de régiment, tente de faire marcher au pas le fantasque Bach, le choc est délirant à souhaits ! Bach, l’un des premiers trouffions du cinéma arrive, sème la pagaille et pousse la chansonnette. Mais lorsque ce modeste et vieux soldat d’infanterie de marine touche un très gros héritage, les ennuis commencent.

Durée : 1 h 45 – Entrée libre et gratuite.

DIMANCHE 19 NOVEMBRE 2023

ANIMATIONS dans le centre-village
Matin

Orgue de Barbarie / Animation musicale
De 10 h à 12 h – Place de la Fontaine

Avec la participation des commerçants qui présenteront des produits en hommage à Bach !

  • Boulangerie « Les Délices de Lucas » // Pain spécial
  • La « Brasserie » // Vin chaud
  • Boucherie Bichon // Recette spéciale Bach
  • Tabac-Presse P. Gaillard // Vitrine et objets anciens
  • Cartes postales anciennes // Ouverture spéciale le dimanche

Du 14 au 24 NOVEMBRE 2023

La Médiathèque fête Bach !

Les lecteurs sont invités à consulter librement sur ordinateur près de 15 documents d’archives (coupures de presse, bulletin de déclaration, lettres…) ou encore à écouter 46 chansons du comique-troupier.

À lire à la médiathèque :
Oh… punaise ! Bach, 50 ans de rigolade, de Maurice SALTANO, éditions Publialp, 1998

SUR LES TRACES DE BACH

Charles-Joseph Pasquier dit « Bach » est inhumé sur la commune. Vous pouvez visiter sa tombe au cimetière.

Statue de Bach, rue Fétola, en face de la mairie

Pour tout savoir de Bach

Henry Laverne et Bach, les compères

Charles-Joseph Pasquier, dit Bach, naît le 9 novembre 1882 au Fontanil-Cornillon.

Petit, le corps enfoncé dans un uniforme trop grand, la barbe rare, avec une voix mince, aigrelette même, Bach, comme tant d’autres, aurait pu passer inaperçu mais voilà : son rire est communicatif et son jeu est d’une grande finesse. De plus, il a ce don unique des grands comiques : celui de paraître moins intelligent que le moins intelligent de ses auditeurs.

Il commence sa carrière d’artiste en 1899, sur la scène des Variétés, à Montluçon (Creuse – 23).

On le sait au Casino de Grenoble en 1901, à Nice, Aix-les-Bains, Rouen, Lyon, en 1902, à Nîmes, Montpellier, Avignon, en 1903, au Chanteclair entre 1909 et 1911 (il a alors 27, 28 ans), au Libre Échange, en 1911 et puis à l’Eldorado à partir de 1913.  Il y chante alors les chansons du soldat malgré lui : « Avec Bidasse », « La Caissière du Grand Café » et ces autres succès que, ou lui, ou Polin créèrent de mois en mois, d’années en années.

Il rencontre un grand succès avec la chanson « Quand Madelon« , adoptée par les poilus dans les tranchées, puis érigée en symbole.

Après la guerre, il se tourne vers la revue. Il est aux Folies Bergère, entre 1919 et 1924 (où il en mène pas moins de sept), à la Gaîté-Rochechouart en 1927, au Casino de Paris en 1929, avec Harry Pilcer et Marie Dubas (dans la revue Paris qui charme), à l’Éden-Concert entre 1929 et 1933 mais plus en comédien-chanteur que chanteur.

A partir de 1927, il fait équipe avec Henry Laverne pour monter des sketches – qu’ils jouent devant un rideau ou avec un décor minime. Les titres en disent longs sur leur contenu : « À la poste », « Au bureau des naissances », « Au cinéma » ; « Chez l’apothicaire », « [Chez] l’avocat », « Le boucher », « Le chapelier », « Le coiffeur, « Le contrôleur des contributions », « Le costumier », « Le juge », « Le peintre », « Le percepteur », « Le photographe »… « En chemin de fer », « Réunion électorale », « Les travailleurs du chapeau« , etc. D’un de ces sketches, Tout va bien (1931), Paul Misraki s’inspirera pour écrire sa chanson : « Tout va très bien, Madame la Marquise » et le grand Fernand Raynaud n’hésitera pas à leur emprunter leur « Toto, mange ta soupe« .

Bach et Laverne enregistrent plus de 150 sketches entre 1928 et 1938. Le plus connu aujourd’hui est sans doute « Z’allo ! Z’allo ! ».

Entre 1930 et 1947, il tourne dans dix-neuf films dont treize sous la direction d’Henry Wulschleger, son ami, qui sera non seulement son réalisateur attitré mais qui ne tournera rien d’autre sans lui jusqu’à sa disparition en 1939. Auparavant Wulschleger avait été, entre autres, coréalisateur de Cavalcanti dans le dernier film muet de ce dernier, Capitaine Fracasse (1929).

Le premier film dans lequel Bach apparaît sur le grand écran, en 1930, est réalisé par Joe Francis et Jean Toulout et s’intitule Le Tampon du capiston. Bach y joue le personnage de Cochu aux côtés de son compère d’alors, Henry Laverne (capitaine Reverchon) mais aussi en compagnie d’Hélène Hallier (Yvonne) et de Charles Prince (Maître Pouponnet).

La même année, il tourne son premier grand film sous la direction de Wulschleger, La prison en folie, avec Suzanne Dehelly et Noël-Noël.

En 1931, il est dans une pièce d’André Heuzé et de Pierre Weber, En bordée, filmée par Wulschleger, avec Suzette Comte, Teddy Parent et Sim Viva.

Puis c’est L’affaire Blaireau d’après Alphonse Allais. – Wulschleger toujours. Bach en Blaireau (qui d’autre ?) ; Alice Tissot en Mademoiselle de Hautperthuis ; Charles Montel en Taupin et Renée Veller en Mademoiselle de Charville

En 1932, c’est L’enfant de ma sœur avec Antonin Artaud qui, contrairement à la légende, n’a pas tourné que dans des films noirs.

La même année, il est de la distribution du Champion du régiment avec Raymond Aimos. – Scénario de Fernand Beisser et de Jacques Bousquet.

En 1933, Tire au flanc avec une toute jeune Simone Simon puis dans Bach millionnaire.

En 1934, d’après Courteline, il est le Guillaumette du Train de huit heures quarante-sept ; avec Charpin en Hurluret, Chepfer en officier alsacien et Fernandel en Croquebol.

Au côté d’Antonin Artaud, encore, la même année : Sidomie Panache (avec Florelle et Monique Bert).

En 1935, Bout de chou, aux côtés de Pierre Brasseur et de Tania Fédor puis dans Debout là-dedans !

En 1936 il est dans Bach détective (dirigé cette fois-là par René Pujol)

En 1937 dans Le Cantinier de la coloniale aux côtés de Saturnin Fabre.

En 1938 dans Gargousse (avec Saturnin Fabre, à nouveau) et puis dans Mon curé chez les riches (dirigé par Jean Boyer, le fils de Lucien Boyer, ce dernier étant l’auteur de « La Madelon de la Victoire »).

En 1939 dans Le Chasseur de chez Maxim’s de Maurice Cammage et dans Bach en correctionnelle.

Il disparaît au cours de la Guerre puis revient, à 65 ans, dans Le charcutier de Machonville de Vicky Ivernel (1947) et, pour son ultime rôle, dans Le Martyr de Bougival de Jean Loubignac, d’après la pièce de Jean Guitton, Et la police n’en savait rien.

Il remonte sur scène en 1948 puis en 1950. Une cécité temporaire l’empêche de continuer. Il écrit, se repose et décide finalement de prendre sa retraite non sans faire une ultime tournée en 1952 et se joindre à la distribution du Martyr de Bougival, troupe d’Henri Ménager, en 1953. C’est d’ailleurs au cours de cette tournée qu’il meurt, d’une angine de poitrine, à Nogent-le-Rotrou, le 24 novembre 1953.

Bach est inhumé au cimetière du Fontanil-Cornillon, dans le village où il est né.

L’histoire de cette chanson est singulière. Composée en 1914, elle peine à trouver son public, peu disposé à la recevoir dans le contexte des cabarets parisiens. Ce n’est que pendant la guerre, dès 1916, portée par Bach, qu’elle prend une dimension toute nouvelle pour devenir « La Marseillaise » des Poilus.

Des débuts inaperçus

Dès la fin de 1913, Bach, comique troupier en vogue dans les lieux de spectacles à Paris, va trouver son ami parolier Louis Bousquet pour qu’il lui propose une chanson à interpréter en public. Il entraîne ce dernier chez Camille Robert un compositeur à cette époque sans grand succès. Sur l’insistance de Bousquet et de Bach, Camille Robert sort de ses tiroirs des mélodies déjà composées. Sur l’une d’elles, Bousquet fredonne Madelon, Madelon,… Quarante huit heures plus tard les couplets de la chanson sont écrits.

Persuadé de l’intérêt musical et populaire de ce qu’il venait d’entendre, Bach décide de la mettre à son répertoire. Il l’interprète le 23 avril 1914 à l’Eldorado, un café-concert parisien où elle figure au programme pendant un mois avant d’être retirée par manque de succès.

L’envolée de la chanson

Le 3 août 1914, la Grande Guerre éclate. Bach est appelé sous les drapeaux le 20 février 1915 au 140e régiment d’infanterie de Grenoble. Après trois mois de classe, il est versé à la 14e section d’infirmier.

Son travail ne le passionne guère. Lorsque le médecin sous l’autorité duquel il est placé apprend qu’il a devant lui le célèbre comique troupier des cabarets parisiens connu sous le nom de Bach, il intervient auprès de sa hiérarchie pour que le soldat soit pourvu d’une nouvelle mission : divertir  les soldats que l’on appellera bientôt les « Poilus ».  Affecté dans ce qui sera appelé le « théâtre aux armées », Bach part pour le front de l’Est pour amuser les soldats en repos dans les villages.

Les premières interprétations de « Quand Madelon » face aux soldats ne rencontrent dans un premier temps qu’un succès mitigé. Tout bascule le 16 juin 1916. A Etival, dans les Vosges,  le comique troupier interprète « Quand Madelon » devant un public de soldats. Dès lors, la chanson prend une autre dimension.

Bach poursuit sa tournée des cantonnements sur le front des Vosges et devient le « commis voyageur de la Madelon ». D’autres artistes et chanteurs s’engouffrent dans la notoriété de la chanson mais ce sont surtout les Poilus eux-mêmes qui feront de « Quand Madelon » un hymne militaire, porteur d’espoir et de réconfort, jusqu’à la fin de la guerre en 1918.

Les symboles de la Madelon

Plusieurs sources et facettes, parfois très différentes mais complémentaires, ont contribué à forger la figure de la Madelon.
La chanson s’inspire d’une femme rencontrée par Bousquet dans une taverne. « Son rire, sa bonne humeur toujours égale, ses grands yeux remplis de malice c’était ‘‘tout l’mal qu’elle sait faire’’». La Madelon est une figure de la jeune femme honnête, avenante, souriante, qui réchauffe les cœurs.
Dans les tranchées, les Poilus voient en Madelon leur propre fiancée, laissée au pays. Elle incarne le retour au foyer tant attendu.

Peu à peu, la Madelon se dépersonnalise pour devenir un symbole.

Dès 1917, avant même la signature de l’armistice du 11 novembre 1918, les autorités civiles et militaires, garantes de l’expression des valeurs patriotiques, utilisent la force symbolique de « La Madelon » pour donner du sens à l’action qu’elles développent. Le 14 juillet 1919, « Quand Madelon » est associée à « La Marseillaise » lors de la commémoration de la Fête Nationale. 

La Grande Guerre est finie, il faut reconstruire. Rapidement, les associations d’anciens combattants et victimes de guerre utilisent la chanson pour rassembler. Les paroles de la chanson sont étudiées à l’école, et « La Madelon » entre dans le patrimoine des chants patriotiques sauvegardés dans les mémoires.